Doit-on lutter contre les stéréotypes ?

Lorsque l’on interroge un membre de notre communauté au sujet des stéréotypes, celui-ci nous répond la plupart du temps qu’il ne veut pas être enfermé dans une case et que tout le monde a tendance à faire des généralités. Sur le net, un bon nombre de débats circulent. Pour, contre, plutôt butch ou féminine, garçon manqué ou petite princesse… Qu’en est-il vraiment ? Doit-on combattre ces stéréotypes ? Pourquoi les combattre puisqu’ils existent ? Mais aussi pourquoi sont-ils autant présents dans notre société ?!

 

Une société dispersée

Dans cette quête d’identité, il me semble que l’on s’y perd. On passe une grosse partie de notre temps à vouloir trouver une solution. À juger si cela est bien ou mal. À revendiquer les contres exemples et rejeter ceux qui collent au moule. Continuellement en quête de cette inébranlable binarité rassurante, dominante depuis la nuit des temps.

Fille ou garçon ? Bien ou mal ? Oui ou non ?

Il n’y a pas de vrai ou de fausses situations. Peut-être que la fille que tu vas croiser au coin de la rue avec sa casquette retournée, son débardeur noir, un baggi et des baskets te paraîtra absolument GAY alors qu’elle a planifié ce week-end d’aller à la plage avec ses amies et de mettre sa petite robe blanche, mode fleurs d’été, accompagné d’une paire de ballerines. Hétéro ou homo ? Mhm difficile à dire. De ce point de vue, on est perdu. Alors par sécurité. On tranchera par un statut d’hétéro. Ou encore on sera peut-être tenté de la juger bisexuelle.

On se pose les mauvaises questions

Comme le traître merveilleusement bien le conférencier Frederic Falisse lors d’une Tedx, à la Sorbonne, intitulée « Questiology or the art of asking good questions » (vf)

Nous questionnons la majeure partie du temps de la même façon. Nous nous plaçons en tant qu’acteur et interrogeons, avec pour référentiel, notre propre « carte du monde ». Bon si tu es trop paresseuse pour aller regarder cette vidéo voici un exemple pour t’éviter les 10 minutes de vidéo. Imaginons deux personnes : Pascal qui est végétarien et Chloé adoratrice de charcuterie. Ceux-ci sont amis depuis peu et discutent autour d’un café. Chloé lui propose de venir manger chez elle le soir même. Après quoi Pascal lui avoue sa pratique alimentaire. Cet événement va donc lancer les questionnements de Chloé. Plongée dans une profonde incompréhension et stupéfaite par cette nouvelle qu’elle n’imaginait pas le moins du monde, elle va naturellement suivre le fil conducteur suivant :

« Mais pourquoi tu es végétarien ? »
« Tu n’aimes pas la viande ? »
« Tu n’as pas de carences alimentaires ? »

Si l’on analyse bien cela, on se rend compte que ces questionnements sont la transposition de la personne qu’incarne Chloé, dans un monde qui n’est pas le sien. Chloé n’est pas végétarienne, aime la viande, n’a pas de carence. On pourrait presque même supposer que les réponses auxquelles elle s’attend lui sont familières et qu’elle connaît déjà le résultat. En revanche, elle ne pensera pas à suivre un fil conducteur tel que celui-ci :

« Qu’est-ce qui t’a pousser à devenir végétarien ? »
« Quels sont les plats que tu aimes cuisiner ? »
« Comment as-tu réorganisé ton régime alimentaire ? »

Apprendre à interroger autrement

Je suis d’accord avec toi. Globalement les questions se ressemblent. En revanche, Pascal n’y répondra pas de la même manière. Enfin, si tu as compris mon raisonnement, on voit très bien que dans cette situation, Chloé ne transpose pas sa propre personne dans les questions qu’elle pose. Car les résultats n’ont aucun rapport avec sa propre personne. Du moins ils s’en détachent plus que dans le précédent cas. Tout cela n’est pas une critique. Bien loin de là. J’appellerai cela un argumentaire. Un argumentaire qui je l’espère pourra t’aider à voir les choses différemment. À t’offrir l’opportunité d’alimenter d’une autre façon ta curiosité.  Et peut-être cela t’aidera à recevoir des informations d’une façon différente de celle dont tu t’attendais.

Tolérer et ne pas se transposer

Après tout. Il faut bien l’avouer. Les stéréotypes sont réels. Ils dévoilent bien une partie de notre communauté. À quoi bon les combattre ? Si certaines y ressemblent, ce n’est pas parce qu’elles voulaient qu’on leur colle une étiquette, ou bien pour faire exprès d’être en marge. Enfin si c’était vraiment le cas : en quoi cela gêne ta position ? Ton quotidien ?

C’est bien là le vrai danger.

Dans un sens ces stéréotypes aides certaines et certains à se construire. Ils incarnent une image, un socle qui permet à celles qui s’y sentent à l’aise de s’y accrocher et de s’élever. Peut-être qu’en fait le vrai combat n’est pas là. Le tout n’est pas de lutter pour ou contre ces caricatures. Je crois qu’il est plutôt question d’apprendre à s’en détacher. D’apprendre à les utiliser à notre façon. À ne plus transposer ce que nous voyons par des jugements.

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Hey ! Je m'appelle Eva, j'ai 22 ans et suis originaire d'une petite ville en bourgogne. J'aime voyager et découvrir des cultures qui me sont inconnues afin d'alimenter la mienne ainsi que ma capacité d'analyse. À travers Life Like a Lesbian, je souhaiterai pouvoir faire passer des messages. M'exprimer et partager avec celles et ceux qui voudront bien écouter ou encore aider et renseigner celles et ceux qui souhaiteront s'informer. Je suis à une période de ma vie où le doute ne me ronge pas et où le regard d'autrui m'importe peu. Mes écris et vidéos se fondent sur ma vie, celles de mes ami(e)s et des nombreuses rencontres que j'ai pu croiser et continuerais à rencontrer tout au cours de mon chemin.